Mois : janvier 2024

Conférence à Sceaux le 20 janvier : « Pourquoi et comment sauver les langues régionales ? »

C’est à cette question que j’essaierai de répondre ce samedi 20 janvier à Sceaux, à l’invitation de la société des Félibres de Paris, en m’appuyant notamment sur les arguments développés dans mon livre. Rendez-vous à 14h15 dans les locaux de l’ancienne mairie, 68 rue Houdan (Entrée gratuite).

Elle s’appelle Irène Frachon

On a rencontré une wonder woman, une vraie : elle s’appelle Irène Frachon, aka La fille de Brest, descendue direct de son Finistère pour rencontrer le public toulousain. Vainqueure en appel contre les laboratoires Servier cet hiver, elle a une énergie contagieuse, une combativité admirable, une parole ferme et claire, la pointe d’humour en plus. A vous redonner foi dans l’engagement public, pour ne pas dire politique.

On remercie chaleureusement les organisateurs qui portent à bout de bras le FCDH – Festival Cinéma et Droits de l’Homme, pour cette opportunité.

Et Roselyne, de la Librairie de la Renaissance qui a amené tous ces bouquins (pas assez visiblement).

Et Gerard Bapt, ex-député, pour sa présence, discrète hier au cinéma mais décisive pour Irène.

Bon-jour en touti

Bon-jour en touti, per l’annado Frederi Mistral, la seguido de « Li Meissoun »

Mai à cha pau tout se perd e s’óublido

D’acò galant n’en rèsto qu’un brisoun,

Que lou troubaire acampo à la bastido

Pèr lou bouta ‘n plourant dins si cansoun.

Mais peu à peu tout se perd et s’oublie,

De ce charme seuls restent des fragments,

Que le trouvère à l’oustal a cueillis

Pour les mettre dans ses chants en pleurant.

Les Moissons, Frédéric Mistral.

Photo : Guy Bonnet, la symphonie provençale.

Frank Margerin : l’Enfant du Rock

Lui, il n’a pas de six-cordes, même s’il s’est essayé au Rock à un moment de sa vie, avec le groupe Dennis’ Twist.

Pour s’exprimer, il dispose plutôt de six crayons : un virtuose dans le genre.

Frank Margerin, puisqu’il faut le nommer, a créé des personnages qui ont bercé une partie de notre adolescence.

Lucien et sa banane, Manu, le pendant de Lucien à l’écran, Ricky, Gillou, Nanard, Riton et plus tard Momo, etc.

L’univers décrit est essentiellement Rock’n’Roll : Jeans, Gomina (très Grease), Perfectos, Tiags, Sneakers (Chuck Taylor All-Stars en toile), Motos (dont Margerin est un grand fan). Seul Momo pourrait faire tache avec son Scooter et le Rap dont il est fan.

Outre ses publications personnelles, Frank Margerin a collaboré avec les magazines : Métal Hurlant et Fluide Glacial. Il a aussi été élu président du Festival d’Angoulême. Bon Prince, il a dessiné la pochette de l’album Éthiopie des Chanteurs Sans Frontières.

Frank Margerin est un Rocker qui joue de la musique avec ses crayons. Né le 9 janvier 1952 à Paris, France, il fête ce jour ses 72 ans.

Bon Anniversaire Maestro !

Un écrivain de talent.

Maxence n’est pas seulement le délégué départemental de Prouvènço Nacioun dans les Bouches-du-Rhône, il est aussi un écrivain de talent.

Samedi 20 janvier, il donnera une conférence sur la Provence ainsi que sur son parcours d’auteur. Il sera question de littérature provençale, de troubadours, de géographie sacrée de la Provence, d’identité, et du futur de l’âme provençale.

Venès noumbrous !

Ceremonia de las Libertats Comunalas

A L’ora del Tè (17h-18h sus Radio Occitania) ausirem un resson de la ceremonia de las Libertats Comunalas que se debanèt uèi al Capitòli. A per mira de celebrar l’institucion de la municipalitat tolosana, en avança de mantuns sègles sus la Revolucion. En segond tornarem ausir Danís Chapduelh cap redactor de Lo Diari, magazine cultural occitan papièr e en linha que festeja sos 15 ans. A totara, brava banda !

VOUS ÊTES TOUS LES BIENVENU(E)S CE VENDREDI 12 JANVIER à 12 h 30 AU CAPITOLE !

Comme chaque année nous célèbrerons au Capitole (salle des Illustres) les libertés communales concrétisées à Toulouse le 6 janvier 1189 suite aux émeutes de 1188.

Vous trouverez en PJ un dossier sur la « république consulaire de Tolosa », publié dans le mensuel INFÒC en décembre 2000, qui est à l’origine de cette célébration mise en place pour la première fois le 6 janvier 2001 devant l’église Saint-Pierre-des-Cuisines au son des fifres et des boudègues à l’occasion de la campagne électorale de 2001.

disponibles a l’acuèlh e en libre servici a l’entrada de l’Ostal d’Occitania DUSCAS A 11H (a man dreita, aprèp lo tablèu jaune).

Invitations disponibles à l’accueil et en libre service à l’entrée de la Maison de l’Occitanie JUSQU’A 11H (à droite, après le tableau jaune en liège).

Narbona: collòqui sus l’autonomia d’Occitània (Jornalet )

L’eveniment tractarà la question de l’autonomia regionala tant dins la region dicha Occitània coma dins la rèsta del país occitanL’eveniment, que se debanarà dins la Sala Lacroix del Palais del Trabalh, tractarà la question de l’autonomia regionala tant dins la region dicha Occitània coma dins la rèsta del país occitan | Wikimedia commons / Tournasol7

Lo dissabte 27 de genièr, a Narbona, se tendrà un collòqui entitolat “Occitània per mai d’autonomia”, organizat pel movement País Nòstre. L’eveniment, que se debanarà dins la Sala Lacroix del Palais del Trabalh, tractarà la question de l’autonomia regionala tant dins la region dicha Occitània coma dins la rèsta del país occitan.

Lo començament es previst a 9h30h e i seràn presents de conferencièrs coneguts coma Romièg Pech, istorian occitan, e Natalia Mader, professora de l’Universitat de Tolosa, que parlarà de la descentralizacion en França e de las regions en Euròpa. A mai, i aurà de debats sus las de seguir per la cultura occitana, e i participaràn Gérard Zuchetto, Eric Fraj e Francis Fourcou.

La jornada comprendrà tanben la presentacion de l’obratge LaConvivéncia d’Alem Surre-Garcia (Trobavox) e una discussion sus l’Eurocongrès dels Païses Occitans e Catalans amb Jo Raimondi. Dins la sesilha del tantòst se farà una taula redonda moderada per Joan-Pèire Laval amb la preséncia de personalitats coma Joan-Loís Blenet, Maxime Maury, Joan-Luc Davezac e Jean-Charles Valadier.

L’eveniment culminarà amb un espectacle de cançons occitanas interpretadas per Mans de Breish, Eric Fraj e Gerard Zuchetto a 17h00.

Segon los organizaires, “de Corsega a Bretanha l’autonomia es sus la plaça publica! E l’autonomia es plan viva en Euròpa amb los Länder en Alemanha e dins las regions d’Itàlia, d’ Espanha o de Belgica”, e per tant “la question d’un vertadièr poder regional se pausa tanben per la region Occitània e per los païses occitans”.

                       Jornalet  ( 10 de genièr de 2024 ) .

Hommage à l’européen Jacques Delors

L’hommage national rendu à Mr Jacques Delors le 5/01 nous réactualise toute l’importance, la droiture et la sincérité du travail accompli par l’ancien Président de la commission européenne qu’il était.

Tous les hommages qui se succèdent et qui lui sont dus témoignent du respect et de la reconnaissance des dirigeants des peuples français et européens. Jamais on ne répètera suffisamment l’importance des actions qu’il a menées et leur aboutissement.

L’addition de toutes ses réussites en on fait un « géant » et son héritage est immense.

Une brève énumération: l’acte unique européen, mise en place du marché unique, accords de Schengen, lancement du programme Erasmus,  création de la monnaie commune…

Le Président Macron l’a nommé « l’inépuisable artisan de l’ Europe », le chancelier allemand Olaf Sholz l’a salué comme « un visionnaire devenu un architecte de l’UE telle que nous la connaissons aujourd’hui » et a ajouté « Son projet pour une union forte et sûre reste d’une énorme actualité pour l’Europe de demain ».

Des personnalités, des groupes  adressent ses condoléances à sa famille et saluent l’œuvre de ce grand fédéraliste et démocrate européen. En Occitanie, notamment nous notons les groupes Paîs Nostre et Bastir Occitanie. 

POUR UNE FRANCE DÉCENTRALISÉE DANS UNE FÉDÉRATION EUROPÉENNE

PAR Dr Maxime MAURY, Officier des Palmes académiques, Président de VIGIE Éco et Ancien directeur régional de la Banque de France. 

Commençons par un constat d’opinion qui change bien des idées reçues :

  • 6 Français sur 10 souhaitent donner plus de pouvoirs aux régions selon un sondage paru dans le Point du 7 décembre ;
  • Près des 2/3 des Français jugent les COP « inutiles » selon un sondage de l’Institut Montaigne et font d’abord confiance aux « collectivités locales » pour lutter contre la crise de l’énergie et du climat.

Cet état de l’opinion est à relier à ce que nous savons de la situation financière de la France d’une part , et d’autre part de la crise à venir de l’énergie et du climat. Ces liens font l’objet de notre chronique.

I) Pourquoi il est urgent de décentraliser la France :

La France est de loin le pays le plus centralisé d’Europe. Alain Peyrefitte l’exposait déjà dans le « Mal Français » (1976) comme une conséquence délétère de notre Histoire.

Alors que partout ailleurs en Europe l’État est venu fédérer des nations préexistantes au travers des Cités-État et de leurs langues communes, en France la nation s’est forgée autour d’un État centralisé et vertical.

Le général de Gaulle avait eu en 1969 l’intuition de la décentralisation mais il avait été battu au référendum sur la réforme du Sénat.

Il en résulte de nombreux dysfonctionnements qui minent notre pays en bridant son énergie :

  • A l’exception de l’extrême-gauche , toute la classe politique voudrait décentraliser la France mais s’avère incapable de le faire. Cela infantilise les Français dans une relation d’amour-haine avec l’État. Le chef de l’État « guérit les écrouelles » mais on rêve de le guillotiner. C’est la « névrose française » décrite jadis par Peyrefitte (1976).
  • Nos ratios : administration / services opérationnels appliqués aux services publics sont plus élevés que dans les pays fédéraux (de droit ou de fait) qui nous entourent. Cela rend impossible la réforme structurelle de nos finances publiques.

Quelques exemples :

  • Une réforme aussi simple que le « Conseiller territorial » (Balladur 2009) n’a jamais vu le jour. Elle est pourtant simple et de bon sens. Il s’agit de réduire le nombre de mandats et de favoriser les synergies en élisant les mêmes personnes dans les Assemblées régionales et départementales.
  • Nous battons toujours le record du monde des couches administratives avec notre « mille-feuilles à 5 tranches » (communes, communautés de communes, départements, régions, État) s’ajoutant à l’Europe.
  • Dans un secteur comme la santé, la crise sanitaire a révélé que notre ratio : administration /soignants était plus élevé qu’en Allemagne.
  • Enfin et surtout, le classement PISA sur les performances scolaires montre que nous sommes parmi les derniers pour l’autonomie des établissements , ce qui entraîne toutes les mauvaises performances.

Le pouvoir actuel a plus déconcentré (vers les préfets) qu’il n’a décentralisé.

Les deux sont pourtant nécessaires.

L’initiative de créer les grandes régions (2016) de dimension européenne n’a finalement pas débouché sur une redistribution des pouvoirs.

Avec le think tank toulousain « Bolégadis » et des élus locaux de cette région, nous suggérons qu’hors le régalien et les cadres nationaux de recrutement ou de méthode, tout soit décentralisé vers les régions et les Communautés de communes. Pour favoriser l’autonomie et l’initiative dans les domaines de l’éducation, de la santé, de l’emploi et du soutien aux entreprises.

C’était d’ailleurs dans le projet du CEPS en 2022.

II) Pourquoi est-ce à l’échelon local et régional que se joue la résilience contre la crise de l’énergie et du climat :

Ce qui est intéressant et complètement nouveau, c’est que cette aspiration à la décentralisation recoupe désormais la nécessité de résilience des territoires. Il s’agit d’assurer notre autonomie alimentaire et énergétique en toutes circonstances.

Rappelons les termes du « carré infernal » que j’ai développé dans mes précédentes chroniques :

  • les centrales nucléaires annoncées ne seront pas prêtes avant 2037;
  • à cette date la demande d’électricité aura augmenté de 50 %;
  • la production mondiale de métaux multipliée par 7;
  • la production de pétrole vraisemblablement réduite d’1/3.

Toutes ces données sont officielles,

mais on voit que leur articulation ne colle pas.

Nous allons donc vers une crise de l’énergie aux environs de 2030-35. Elle était prévue dans le rapport du Club de Rome dès 1972.

Comment y faire face ?

En développant dans les territoires une économie circulaire , des circuits courts d’approvisionnement et des groupements locaux de production d’énergie renouvelable permettant d’en caper le prix.

III) Pourquoi une Fédération européenne est la seule issue pour endiguer le déclin européen :

Le décrochage de l’Europe par les États-Unis est impressionnant (croissance, productivité, investissements,  recherche…). Et les États-Unis risquent de se désengager d’Europe.

Les Français ne comprennent pas le sens du mot « Fédération » qu’ils assimilent à contre-sens à un super-État.

Notre culture nationale ignore les principes fédéraux que l’on ne peut même pas nommer en français :

  • empowerment,
  • accountability.

Que l’on pourrait traduire par « donner du pouvoir et rendre des comptes ». Voilà l’essence d’un pouvoir fédéral.

Mario Draghi, l’ancien président de la BCE et du gouvernement italien, vient de lancer un appel pour transformer l’U.E en Fédération européenne.

J’y souscris personnellement, mais les conditions sont loins d’en être réunies :

  • L’élargissement sans fin de l’Union européenne vers l’Est est contradictoire avec l’objectif de Fédération sans un changement institutionnel ;
  • Une Fédération suppose d’abolir la règle de l’unanimité ;
  • Elle suppose de remettre tous les pouvoirs de la Commission aux États fédérés en ne plaçant que l’essentiel au sommet ; reste à définir cet essentiel : une Union de transferts et une intégration des marchés de capitaux, une dette fédérale, une fiscalité commune, une union fiscale et sociale, une armée européenne ;
  • Cela suppose enfin de trouver une voie juridique pour transformer les Traités, en admettant que plusieurs pays pourraient dans un premier temps ne pas y participer ;
  • Et aussi de redonner la parole aux citoyens.

Notre avenir tient donc dans ces trois mots : décentralisation, résilience, fédération.

Mais une Fédération européenne est contradictoire avec un élargissement sans fin vers l’Est sans un changement profond des institutions européennes.