Citadelles du Pays cathare
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À la page 37 de Citadelles du Pays cathare, Michel Jas défend l’expression « châteaux cathares » non pas comme une désignation strictement architecturale ou documentaire, mais comme une appellation historique, symbolique et territoriale. L’argumentation est essentiellement : symbolique, par l’association entre ruine, austérité, exil et persécution ; territoriale, par l’importance accordée aux frontières et aux zones de contact et mémorielle, parce que « cathare » renvoie à l’histoire vécue et remémorée des lieux..
1. Les châteaux illustrent la ruine du catharisme. Michel Jas reconnaît que ces forteresses ont été réaménagées, voire reconstruites, par et après l’Inquisition, laquelle aurait cherché à effacer les traces de l’hérésie. Il ne considère donc pas leur architecture actuelle comme une preuve directe d’une construction cathare. Il établit plutôt une analogie entre leur état et celui du mouvement cathare : la « ruine » est donc à la fois matérielle et historique : les châteaux sont des vestiges remaniés d’un monde vaincu, comme le catharisme est alors une religion persécutée, déclinante et réduite à la clandestinité.
2. Leur austérité est rapprochée de la spiritualité cathare. Le deuxième argument porte sur l’apparence des forteresses. Jas les oppose aux forteresses royales, notamment aux châteaux de la Loire, caractérisés dans son texte par une monumentalité plus résidentielle et ostentatoire. Les châteaux cathares sont austères comme le christianisme cathare sensible au problème du Mal et se ressentant comme en exil. Il s’agit non d’une démonstration archéologique qui a peu d’importance, mais d’une lecture interprétative. La présence de ces châteaux cathares est dans un paysage rude et défensif ce qui correspond à l’image d’un christianisme austère et persécuté.
3. Des forteresses situées aux frontières. Michel Jas comprend les Frontières comme ouverture vers l’ailleurs, capacité d’exil et déplacement ce qui correspond a ce que fut le catharisme !
Michel Jas ne retient pas la menace de l’Aragon car c’étaient les Croisés français qui étaient les agresseurs et surtout pas « Royal » : dans ce contexte, « Le mot royal est une insulte. »



