Et si vous découvriez le prologue de mon roman ?
Je vous présente aujourd’hui le prologue de mon roman historique, Le jour où les Cathares ont fait plier la Croix, publié aux Les Presses Littéraires.
Un polar, deux époques, une enquête…
Construit sur le principe de l’écriture en miroir, ce roman nous entraîne entre le XIVe siècle et 2025, époque à laquelle débute une enquête de police qui va faire ressurgir les mystères du passé.
Je vous invite à découvrir ce prologue et à entrer dans l’univers de ce roman, où l’Histoire et l’enquête policière se répondent à travers les siècles.
Envie de connaître la suite ? Faites-le-moi savoir dans les commentaires, et je me ferai un plaisir de vous la faire découvrir !
Bonne lecture et belle découverte à toutes et à tous !
Prologue
Montségur, 15 mars 1244, veille de la reddition.
Le vent hurle sur la montagne. En contrebas, l’ost royal encercle la citadelle. Les tentes grises s’accrochent à la neige fondue. Les hommes attendent. La faim, le feu ou la foi feront le reste.
Dans l’enceinte de pierre, les derniers croyants préparent leur fin.
À l’abri d’un renfoncement, une bonne femme penche le visage vers une enfant. Marie a dix ans. Ses yeux bleus sont immenses, mais déjà pleins de silence. Elle serre contre elle sa pelisse, grossièrement recousue. À l’intérieur, un secret. Un vieux livre de cuir rouge caché dans la doublure.
– Escota ben, filha mia, murmure la femme en occitan. Dins aqueste vestit es la paraula dels Justes. Non l’oubriguès pas. Porta-la luenh d’aquí. Alunha-te del fuòc. (« Écoute bien, ma fille. Dans ce vêtement se trouve la parole des Justes. Ne l’ouvre pas. Emporte-la loin d’ici. Éloigne-toi du feu. »)
Marie confirme d’un hochement de la tête. Ses joues sont mouillées, mais elle ne pleure pas.
– E se jamai los autres dison que la vertat es mòrta, ajoute la femme, les mains tremblantes, res-ponds solament aquò : « Es pas mòrta. Dòr. (« Et si jamais les autres disent que la vérité est morte, réponds simplement ceci : Elle n’est pas morte. Elle dort. »)
Une porte de pierre s’ouvre au milieu de la roche. L’air est glacial. Trois ombres s’éclipsent. Une seule descend jusqu’au fond du ravin.
Marie court entre les mattes de chênes verts et de genêts. Son souffle se mêle au vent. Contre son cœur, le secret ne pèse presque rien. Et pourtant, c’est un monde qu’elle emporte.
« La vertat morís pas. Espèra. »
« La vérité ne meurt pas. Elle attend. »
Traduction orale occitane, attribuée aux derniers Parfaits.