QUE PARLI GASCON ! E TU ? ( Je parle gascon ! Et toi?)
Apprendre le gascon à partir du français (1)
Ami (e) touriste ou indigène, tu es un ami de passage ou tu es un indigène issu de nos tribus des Pyrénées Occidentales Françaises ( P.O.F) au dialecte bien particulier. Nous te proposons une série de chroniques pour mieux connaître cette langue.
Mais qui sommes-nous ? (‘’Òc, qui èm ?’’) Nous faisons partie d’une association, l’association ‘’Aigaberdenc (I.E.O) qui a pour but de faire vivre et de défendre sa langue régionale qui est comme toutes les langues un trésor de l’humanité. Notre association (comme les associations ‘’Parlem’’, ‘’Nosauts de Bigòrra’’, ‘’Hestejada de Bigòrra’’ et beaucoup d’autres) propose en plus de chroniques régulières dans les journaux et d’animations diverses (Dictada Occitana, Poeticas…etc), des cours de langue (à Saint-Savin (Mairie), tous les quinze jours, les jeudis soirs de 18h à 20h, hors vacances scolaires). Ces cours s’adressent à tous, pratiquants ou non. Il n’y a personne pour critiquer et tout le monde, professeurs et élèves, s’encourage. Il n’y a aucun juge de la haute cour du « bien parler », ni aucun académicien auto-proclamé du ‘’ça se dit comme ça’’. Tous, nous essayons avec humilité, mais surtout avec joie et plaisir de retrouver le goût de notre langue.
Notre association a comme finalités :
‘’Naissance ou renaissance à notre langue et culture // Connaissance et reconnaissance de notre langue et culture’’.
Pour nous, ce n’est pas un combat d’arrière-garde. Ce n’est pas un combat, d’ailleurs. C’est juste une démarche normale, digne, tranquille et assurée, (même sous les critiques et dénigrements des conformistes et des fatalistes conditionnés depuis toujours) pour faire vivre fièrement quelque chose qui nous précède, qui nous a été donné, qui nous dépasse et qui nous définit. Ni supérieurs, ni inférieurs, ni meilleurs, ni pires, juste nous, avec notre identité sereine, ouverte et joyeuse (qui en vaut autant que d’autres : « Se n’i a qui an çò qui an, qu’èm çò qui èm ! » (S’il y en a qui ont ce qu’ils ont, nous sommes ce que nous sommes ! ) dit Nadau).
Dans ce monde un peu fou, un peu exalté, qui change à toute vitesse, mais qui pourtant se ressemble et s’uniformise de plus en plus, il est indispensable de préserver son petit monde, son âme. Et puis tout tourne si vite que l’arrière-garde se retrouve souvent à l’avant-garde ! Alors !…
Aujourd’hui, petit à petit, dans les champs et dans les têtes, s’installe la monoculture et tout, terre et cerveaux, tout s’appauvrit. Il y a urgence ! Vite, revenons à la polyculture et que vivent nos langues si belles !
Notre langue fait partie de la famille du gascon et de la grande famille de l’occitan et ici, nous l’appelons le Bigourdan. Nous employons parfois le mot de « patois », mais comme il est de la famille du mot « pataud », nous le trouvons un peu dévalorisant. Nous écrivons en graphie classique et parfois en graphie phonétique francisée (G.F.F). Nous ne sommes ni sectaires, ni dogmatiques. Tout le monde peut venir à nos cours.
Pour être fidèles à l’esprit gascon, nous avons créé un test pour situer votre niveau. Les anglais ont leur T.O.E.F.L ( prononcer Toffeul) avec quatre niveaux. Nous, nous avons créé le P.E.G.O.T ( Programa d’Evaluacion Generau deth Occitan Transmetut). L’esprit bigourdan (et gascon en général) est comme vous le savez l’art de ne pas se prendre au sérieux, de se moquer des puissants, tout en étant rieur et joyeux, mais aussi coriace et tenace.
Nous vous proposons aujourd’hui notre test de base n°1. Dans la prochaine chronique, nous vous proposerons le test n°2, un test plus culturel.
Si vous pensez que vous savez, mettez une croix dans le carré (Solution à la fin) .
1.— Vous savez un peu de francitan ou plutôt de frangourdan et vous pouvez comprendre les phrases : « Je n’étais même pas hart, juste un peu ensuqué et je me suis espatarré devant la poralhèra-pourcaou. Je te me suis pris une belle mique. Je te me suis esgaraché le genou et maintenant, il m’arrougagne !». □
2.— Vous savez dire en bigourdan : « Bonjour ! Comment ça te va ? Ça va bien ! Ça va mal ! Ça va comme ci, comme ça ! Comment tu t’appelles ? Je m’appelle…» □
3.— Vous connaissez parfaitement les trois jurons basiques de Bigorre. □
4.— Vous savez s’il faut dire « une chocolatine ou un pain au chocolat, le gnac ou la gnaque ». □
5.— Vous savez chanter au moins le refrain du « Se canti ». □
6.— Vous connaissez les différences, surtout si vous jouez au rugby, entre ‘’hougner et hurguer ‘’ □
7.— Vous avez gardé ou savez retrouver notre accent gascon. Vous pouvez donc envisager une carrière de Premier Ministre comme………… ou ……………. , de présidente de région comme …………, ou de chanteur très connu comme ………. □
8.— Vous pouvez traduire cette phrase en français et deviner sa contrepèterie : « De temps en temps, que cau escotar eras gojas » □
9.― Vous pouvez comprendre ces deux phrases : « Je lui ai mascagné son robinet qui goutéyait. Il a fait le mus et il m’a castagné dans le carrelot. »
Solution : ① « Je n’étais même pas ivre, juste un peu somnolant et je me suis étalé devant le poulailler-porcherie. J’ai encaissé un sacré coup. Je me suis écorché le genou et maintenant, il me tourmente !» ② « Adishatz ! Quin te va ? Que va plan ! Que va mau ! Que va atau, atau ! Quin t’apèras ? Que m’apèri… »③ « Hilh de puta ! Macarèu ! Diu vivant ! » ④ « une chocolatine et le gnac, bien sûr ! » ⑤ « Se canti, jo que canti, Canti pas per jo, Canti per ma mia Qu’ei tan luenh de jo ( ou qu’ei auprès de jo) » ⑥ Mettez-vous au cœur d’une mêlée de rugby et vous comprendrez ⑦ Jean Castex, François Bayrou, Carole Delga, Francis Cabrel ⑧ « De temps en temps, il faut écouter les servantes (ou serveuses) » (La bienséance nous interdit de donner la solution de cette contrepèterie trop vulgaire).➈ Je lui ai détérioré son robinet qui gouttait. Il a boudé et il m’a tapé dans la ruelle.
Vous avez eu au moins 5 réponses justes. Vous êtes donc P.E.G.O.T ①. Vous pouvez et devez commencer ou recommencer à parler en bigourdan. Vous avez eu moins de 5, rien n’est perdu. Inscrivez vous à un cours, à une chorale locale, à une équipe de rugby. Ecoutez et essayez de parler. Tout le monde vous aidera et vous aimera. Et n’oubliez pas qu’une langue s’apprend en neuf mois, à raison d’une heure par jour ( le temps d’une grossesse) et qui veut peut et se meut.
A un nhaute còp, brave monde ! Tietz-ve hòrts ! Hètz coma nos ! Non parlam pas de plan, ni n’escrivem pas de plan, mes que nse’n fotem : que sajam !
Traduction : A la prochaine, braves gens ! Restez forts ! Faites comme nous ! Nous ne parlons pas bien, nous n’écrivons pas bien, mais nous nous en foutons : nous essayons !
Cronica escrivuda per Renat Capdevielle der’Associacion Aigaberdenc (I.E.O)
Contact : aigaberdenc.ieo-opm.com o facebook 65400 Mairie de St Savin