« C’est un coup porté à toutes les cultures régionales », déplore le collectif. Très remontés, avec beaucoup d’émotions aussi, le chanteur Arnaud Cance, l’artiste Nathalie Marty ou encore Jean-Louis Courtial et Gauthier Couffin ont dénoncé « une décision unilatérale de la municipalité « . Et d’affirmer que, depuis la création du collectif, « les soutiens font part de leur envie de voir l’Estivada, né à Rodez, rester à Rodez ». Le collectif semble en fait abasourdi à l’idée de ne plus voir à Rodez « ces espaces de convivialité et intergénérationnels que proposait l’Estivada » au profit « d’une uniformisation de la culture avec des têtes d’affiche qui peuvent être contentes de rajouter une date à leur grande tournée ».
Déterminé à se battre contre ce qu’ils appellent « un mépris de classe », le collectif « Gardarem l’Estivada » annonçait prévoir plusieurs actions “fermes et sereines” dans les temps à venir.
. Extrait d’un article de Centre Presse -Aveyron à propos de la conférence de presse du Collectif Gardarèm l’Estivada tenue à Rodez le 17 février .
Des membres du mouvement occitan Païs nostre, présidé par le Narbonnais Jean-Pierre Laval, étaient présents samedi 11 février à la grande manifestation « culturelle » de Montpellier, pour la défense de la bouvine. Laquelle a largement débordé sur une « défense de la ruralité » au caractère très protéiforme.
Plusieurs centaines de gardians sur des chevaux camarguais, un président national des chasseurs, des figures régionales du parti communiste, du Rassemblement national ou de La France Insoumise, des défenseurs de la corrida… Il y avait toutes les couleurs mélangées, samedi 11 février, dans la manifestation de Montpellier intitulée « Ensemble pour l’avenir de notre culture » ; notamment les drapeaux rouge et or des mouvements occitans, dont Païs Nostre, présidé par le Narbonnais Jean-Pierre Laval.
La manifestation était organisée par l’Union des jeunes de Provence Languedoc, en réaction à une tribune d’écologistes et animalistes publiée début janvier dans le journal Le Monde. Celle-ci demandait à « réformer la pratique de la bouvine » : une « activité tauromachique sans mise à mort« , mais qui « provoque mutilation et souffrance animale« . À Montpellier, le contre-feu a réuni au moins 13 000 personnes.
Bouvine, corrida et approches identitaires
« Nous, on était là pour la défense de la bouvine« , explique Jean-Pierre Laval. « C’est une pratique qui existe depuis le 18e siècle et qu’on retrouve aujourd’hui sous les termes de course camarguaise ou de course landaise. La corrida, elle, qu’on appelait au départ « corrida de muerte », est arrivée chez nous à la fin du 19e, via les immigrés espagnols. » Le président de Païs nostre souligne que la préparation de la manifestation de Montpellier, centrée au départ sur cette défense de la bouvine, a vu la montée en puissance d’une approche plus conservatrice et identitaire. Au point de faire dire samedi à des cercles locaux bouvins de Camargue « qu’ils ne s’y retrouvaient plus« …
Sur le seul sujet de la corrida, le président de Païs nostre reconnaît que, « le débat, même s’il n’est pas majeur, est ouvert dans notre mouvement. D’autant plus que nous sommes très proches de la Catalogne côté espagnol, dont le Parlement a voté l’interdiction de la corrida« . En résumé : « On est pour la bouvine ; pour la corrida, ça se discute« .Franck Turlan L’Indépendant ( 16 février 2023 )