Sénatoriales dans le Gers : Le piège parisien s’est refermé
Pour notre toute première participation à ce scrutin sénatorial, l’objectif de Bastir Occitanie était clair : porter dans l’enceinte de la Préfecture la voix d’une démocratie locale vivante, affranchie des appareils et des logiques de clans parisiens. Sans surprise dans un système aussi verrouillé, les deux sièges attribués au Palais du Luxembourg reviennent à des candidats soutenus par des partis nationaux. Notre département envoie de nouveau à Paris des représentants partisans, soumis aux consignes de leurs groupes parlementaires respectifs, là où nos villages et nos petites villes réclamaient des ambassadeurs territoriaux totalement libres.
Un diagnostic lucide doit être posé, sans complaisance mais avec la ferme volonté de construire la suite.
Le grand décalage des élus du terrain
Dans le Gers, plus de la moitié des maires et des délégués municipaux sont issus de listes sans étiquette et luttent au quotidien pour leurs communes. Ce sont des femmes et des hommes d’action qui affrontent la lourdeur administrative, la baisse des moyens, l’étouffement des normes et le mépris centralisateur. Toute l’année, ces édiles dénoncent avec raison le poids de la bureaucratie d’État et l’éloignement des décisions prises depuis la capitale.
Pourtant, au moment de glisser le bulletin dans l’urne sous les tentes de la Préfecture, une majorité d’entre eux a cédé aux habitudes de la politique à l’ancienne. Par réflexe sécuritaire, par suivisme ou sous la pression des réseaux traditionnels, ils ont reconduit des étiquettes estampillées à Paris.
Pire encore, la mécanique de ce premier tour a révélé un phénomène comptable et psychologique édifiant : près de 180 grands électeurs — soit près d’un quart des votants — ont refusé d’utiliser leur second vote, glissant un seul nom dans leur enveloppe. Bloqués par des consignes d’appareil ou par la peur de diluer la voix de leur favori, ils ont asséché la tradition du « vote de cœur » ou de conviction locale.
Le piège des appareils et la fausse indépendance
Même parmi d’autres candidatures qui se revendiquaient de l’indépendance, les limites du système sont vite apparues. Si certains candidats de terrain ont cherché sincèrement à faire entendre une autre voie, les logiques de désistement de second tour ont fini par servir de marchepied à la réélection des sortants. La mécanique d’appareil a repris ses droits.
Face à ce constat, nous affirmons une position claire et moderne. Nous laissons l’écologie punitive et les postures révolutionnaires d’extrême gauche aux appareils de rupture. Nous n’avons pas besoin de dogmes parisiens : nous portons l’écologie du réel. Une écologie pragmatique, ancrée, soucieuse du bon sens paysan, du soutien à notre agriculture, de la préservation de nos ressources comme l’eau, et de la défense de nos services publics de proximité.
Le régionalisme que nous défendons n’est ni un repli ni une posture d’agités : c’est l’application stricte du proverbe de chez nous « il faut remettre l’eglise au centre du village ». Décider au niveau du village, du canton et de la région ce qui peut l’être (le reste et seulement le reste étant géré par l’etat ou l’Europe), et libérer nos collectivités des tutelles inutiles.
Ce régionalisme que nous défendons repose sur des piliers clairs :
- Une vraie décentralisation fondée sur le principe de subsidiarité ascendante : décider au niveau du village et du canton ce qui peut l’être, et libérer nos collectivités des tutelles inutiles.
- La démocratie directe par les référendums locaux, pour redonner la parole aux citoyens sur les grands projets d’aménagement et de territoire.
- Un État recentré sur ses missions régaliennes (sécurité, justice, défense de la nation) qui cesse de micro-mener la vie de nos communes depuis les ministères.
- Un pragmatisme absolu pour multiplier ce qui fonctionne sur le terrain et abandonner sans regret ce qui est stérile.
Surtout, nous affirmons ce que nous sommes et ce que nous resterons toujours : Libres et Indépendants.
Une voix de courage : Notre acte fondateur
Dans ce paysage d’alignement et de calculs, une voix unique s’est portée sur notre candidature. Seul candidat à ne dépendre d’aucun état-major national, je veux adresser un message de profond respect à cet édile — qu’il s’agisse d’un homme ou d’une femme de conviction — qui a osé rompre le suivisme pour faire le choix pur de l’émancipation et de l’indépendance territoriale.
Savoir qu’il ou elle existe au milieu de cette Préfecture prouve que la petite flamme du courage politique n’est pas éteinte dans le Gers.
Aux citoyennes et citoyens gersois, nous lançons cet appel
Engagez le dialogue avec vos maires et vos conseillers locaux. Interrogez-les sans agressivité mais avec exigence. Demandez-leur pourquoi, après avoir lutté toute l’année contre la bureaucratie centrale, ils continuent de voter à la Préfecture pour des représentants affiliés à des partis nationaux. Poussez-les à appliquer pour leurs choix électoraux l’indépendance qu’ils revendiquent pour leurs communes.
Cette première candidature n’était pas un coup d’épée dans l’eau : c’est notre première pierre. Nous avons posé un diagnostic que personne ne pourra effacer. Le combat pour la souveraineté de nos cantons, la liberté de nos maires et l’avenir de nos territoires ne fait que commencer. Soyons lucides, encore une fois : aucun parti traditionnel parisien ne nous laissera jamais porter ce projet de liberté locale. De la gauche à la droite, ils sont TOUS fondamentalement jacobins et vivent de la centralisation du pouvoir. Notre indépendance n’est donc pas une posture : c’est une nécessité vitale.
« Que les état-majors et leurs relais locaux se rassurent ou s’inquiètent : nous serons là, à chaque étape, pour leur rappeler leurs engagements et les empêcher de tourner en rond. »
Adishatz !
Patrice Cuquel & Claire Daugé
Bastir Occitanie – candidats aux Élections sénatoriales dans le Gers
