APPARITEURS alias « des flics déguisés en casseurs »

APPARITEURS alias « des flics déguisés en casseurs ». Ils étaient partout hier. Vous ne connaissez peut-être pas ce mot. Pourtant, il mérite qu’on s’y intéresse, particulièrement dans le contexte des manifestations lycéennes.

À l’origine, un appariteur est un employé d’université. Mais Coluche, dans son célèbre sketch « Le Flic », lui donnait une tout autre dimension : celle de l’agent provocateur. Un individu infiltré dans une manifestation pour casser des vitrines, semer le chaos et faire porter le chapeau aux manifestants devant les caméras.

Près de 50 ans plus tard, la question revient dans l’actualité.

Le 2 octobre 2026, à Reims, un homme masqué, filmé lançant une pierre vers la police, tente de se cacher avant de se réfugier auprès des policiers. Le procureur confirmera qu’il s’agissait d’un agent de la BAC.

Le même jour, à Aubervilliers, un autre policier en civil est filmé frappant à plusieurs reprises la vitrine d’un restaurant avec une matraque.

Ces images interrogent profondément sur les méthodes policières. Elles ne prouvent pas, à elles seules, l’existence d’une stratégie organisée, mais soulèvent une question démocratique fondamentale : qui provoque réellement les violences, et dans quel but ?

Car une manifestation peut rassembler des milliers de jeunes pacifiques. Il suffit de quelques individus violents pour que les caméras oublient tout le reste.

Les professeurs absents ? Les lycées délabrés ? Les conditions d’apprentissage catastrophiques ? Les jeunes blessés par la police ? Tout disparaît derrière les images spectaculaires des affrontements.

Et soudain, on ne parle plus des raisons de la colère. On parle uniquement de « rétablir l’ordre ». La répression devient légitime, les revendications disparaissent. Pratique, non ?

Voilà pourquoi il faut connaître le concept d’agent provocateur, distinguer les faits des accusations et exiger des enquêtes indépendantes lorsque des comportements suspects sont documentés.

Une démocratie ne devrait jamais avoir peur qu’on examine les méthodes de ceux qui sont chargés de la protéger.