PROUVÈNÇO ISTÒRI

La crise fédéraliste de 1793 est l’un des épisodes les plus méconnus de la Révolution française. Elle est pourtant particulièrement importante en Provence, où une partie de la population se soulève contre le pouvoir central parisien.

Le contexte : la Révolution se radicalise

En 1792, la monarchie est renversée et la République proclamée.

Au sein de la Convention nationale, deux grands courants s’opposent :

Les Girondins, favorables à une République plus décentralisée.

Les Montagnards (souvent associés aux Jacobins), autour de Maximilien Robespierre, qui défendent un pouvoir central fort à Paris.

Le 2 juin 1793, les Montagnards éliminent les députés girondins de la Convention.

Dans de nombreuses régions, cette prise de pouvoir est perçue comme un coup de force parisien.

La Provence se soulève

La Provence est alors l’une des principales régions fédéralistes.

Les grandes villes comme :

Marseille

Toulon

Aix-en-Provence

refusent de reconnaître l’autorité des Montagnards.

Les insurgés ne veulent généralement pas revenir à la monarchie. Ils se présentent comme des républicains opposés à la domination de Paris.

Ils réclament :

davantage d’autonomie locale ;

le respect de la représentation nationale ;

la fin de la pression des clubs jacobins.

Marseille, capitale du mouvement

Marseille devient le principal foyer de la révolte.

La ville lève une armée dite « sectionnaire » ou « fédéraliste ».

Cette armée remonte vers le nord en direction d’Avignon et de la vallée du Rhône.

C’est probablement cet épisode qui a inspiré votre idée d’une confrontation entre Provençaux et Jacobins.

Le Vaucluse et Avignon

Le département de Vaucluse n’existe que depuis peu.

La région est divisée :

certains soutiennent la Convention ;

d’autres sympathisent avec les fédéralistes marseillais.

Avignon, annexée à la France seulement depuis 1791, reste politiquement instable.

Des mouvements de troupes et des affrontements ont lieu dans la vallée du Rhône, notamment autour de :

Avignon

Orange

Cavaillon

mais pas de grande bataille unique comparable à Valmy ou Fleurus.

La défaite fédéraliste

L’armée de la Convention reprend progressivement le contrôle.

Marseille est occupée à l’été 1793.

Toulon va plus loin encore : la ville ouvre son port aux Britanniques.

La réaction de Paris est brutale.

Après la reconquête :

Marseille est temporairement rebaptisée « Ville-sans-Nom » ;

de nombreuses arrestations sont effectuées ;

les représentants en mission imposent la Terreur.

Le symbole provençal

À l’époque, les fédéralistes provençaux ne combattent pas sous un drapeau provençal moderne uniforme comme celui de votre affiche.

On trouve plutôt :

des drapeaux tricolores républicains ;

des bannières municipales ;

des emblèmes locaux.

Cependant, pour une affiche historique-romantique ou identitaire contemporaine, le drapeau sang et or de Provence est un excellent symbole visuel permettant d’identifier immédiatement le camp provençal.

Pourquoi cet épisode est intéressant

Contrairement à l’image classique de la Révolution opposant seulement royalistes et républicains, la crise fédéraliste montre une autre fracture :

République centralisée contre République décentralisée.

C’est pourquoi certains historiens considèrent 1793 comme l’un des premiers grands affrontements entre :

le centralisme parisien ;

les identités provinciales.

C’est cette opposition qui donne toute sa force symbolique à votre affiche intitulée :

« Les Fédéralistes provençaux face à la Convention – 1793 ».