Un grand honneur que de célébrer comme chaque année les libertés communales acquises de haute lutte par le peuple de Toulouse en 1189 ! Au nom de Convergencia Occitana ! Merci à tous les participants et à tous les élus présents attachés à la Démocratie !
Occitanie Pais Nostre a choisit de vous proposer le discours de Jean-François LAFFONT. Ce discours résume la force de cette commémoration de la signature de la Charte des libertés communales de Toulouse.
Le 6 janvier 1189, ici à Toulouse, s’est produit un événement dont la portée dépasse largement le cadre de l’histoire locale. Ce jour-là, le peuple toulousain a arraché au comte Raymond V la signature d’une charte des libertés communales. Par cet acte, la ville s’est dotée d’un gouvernement fondé non sur l’hérédité ou la force, mais sur un conseil de capitouls élus, chargés de gouverner au nom de la communauté.
En plein Moyen Age, à une époque dominée par l’arbitraire féodal, la violence et le pouvoir des puissants, Toulouse a fait un choix audacieux : celui de la liberté politique, de la responsabilité collective et du contrôle du pouvoir. Oui, il y a plus de huit siècles, des femmes et des hommes sans droits modernes, sans suffrage universel, ont compris une vérité essentielle : le pouvoir doit être limité, partagé et légitimé par l’élection.
Cette charte faisait de Toulouse une véritable commune libre, une forme de république avant l’heure, près de six cents ans avant la prise de la Bastille. Elle nous rappelle que la démocratie n’est pas née en 1789 par miracle, mais qu’elle s’enracine dans des luttes anciennes, locales, courageuses… la notre était portée par le peuple Toulousain fier de sa culture et de sa langue occitane, la présence de tant d’enfants des Calandretas et des écoles bilingues de Saint Lys n’en est que plus symbolique !
Mais aujourd’hui, cette leçon d’histoire nous interpelle avec une force particulière alors que nous sommes a quelques semaines de l’élection municipale, descendante directe de cet acte historique de 1 1 89, et alors que vous êtes nombreux dans cette salle, à vous porter candidats à cette fonction essentielle : représenter nos concitoyens et gérer notre belle ville pour le bien de notre avenir commun.
Car nous vivons une époque de déni démocratique. Partout dans le monde, et parfois au cœur même de nos démocraties, le principe de l’élection est contesté, affaibli, méprisé. Le trumpisme, les régimes autoritaires, les dictatures assumées ou maquillées en démocraties installent une même logique : celle de la loi du plus fort, de l’homme providentiel, du pouvoir sans contrepoids.
Là où les capitouls étaient comptables de leurs actes devant la cité, certains dirigeants actuels cherchent à s’affranchir des règles, à discréditer les élections, à attaquer la presse, la justice, les contrepouvoirs. Là où la charte de 1189 organisait le débat et la décision collective, on nous propose aujourd’hui le culte du chef, la peur de l’autre et la brutalité comme mode de gouvernement.
Ce recul est une régression historique. Car le peuple de Toulouse, en 1189, avait déjà compris ce que certains semblent vouloir oublier en 2025 : sans institutions démocratiques solides, la liberté disparaît. Sans élections sincères, il n’y a que la domination. Sans contrôle du pouvoir, il n’y a que l’arbitraire.
Sens institucions democraticas solidas, la libertat desapareis. Sens eleccions sincèras, i a pas que la dominacion. Sens contraròtle del poder, i a pas que l’arbitrari.
Se rebrembar de la carta comunala de Tolosa, es pas celebrar un passat poscos. Es afirmar que la democracia es una conquista fragila, totjorn menaçada, jamai aquesida. Es rampelar que cada generacion a lo dever de la defendre, de l’aprigondir, de la far viure.
Se souvenir de la charte communale de Toulouse, ce n’est pas célébrer un passé poussiéreux. C’est affirmer que la démocratie est une conquête fragile, toujours menacée, jamais acquise. C’est rappeler que chaque génération a le devoir de la défendre, de l’approfondir, de la faire vivre.
Face aux dérives autoritaires, face au cynisme politique, face à la tentation de la force, Toulouse nous parle toujours et encore. Elle nous dit que le peuple est capable de se gouverner lui-même. Elle nous dit que l’élection est un acte de dignité. Elle nous dit que la liberté politique ne se mendie pas : elle se conquiert et se protège.
De cap a las derivas autoritàrias, de cap al cinisme politic, de cap a la temptacion de la fòrça, Tolosa nos parla totjorn e encara. Nos ditz que lo pòble es capable de se governar el meteis. Nos ditz que l’eleccion es un acte de dignitat. Nos ditz que la libertat politica se mendica pas : se conquista e se protegisca.
C’est ce message que nous devons porter aujourd’hui. Avec lucidité. Avec courage. Et avec la conviction que la démocratie reste, malgré tout, notre bien commun le plus précieux.
Alors chers amis célébrons cette belle conquête toulousaine, honorons la mémoire de nos aïeux, faisons vivre la démocratie en 2026 et surtout : per TOLOSA TOTJORN MAI !

