Trois décennies plus tard, la facture passe toujours mal auprès de l’opinion publique. 34 ans après son passage marquant mais bref à la tête du gouvernement français, Édith Cresson continue de bénéficier d’une voiture de fonction dotée d’un chauffeur attitré, entièrement pris en charge par le budget de l’État. Interrogée sur ce privilège dévolu aux anciens Premiers ministres, la première femme à avoir occupé le poste de chef du gouvernement s’est montrée catégorique quant à la nécessité de ce dispositif : « J’ai un chauffeur c’est important, j’en ai besoin », a-t-elle assumé sans détour.
Que pensez-vous de ce privilège accordé aux anciens Premiers ministres ? Si les textes réglementaires prévoient en effet qu’un ex-Premier ministre puisse conserver des moyens matériels et humains pour sa sécurité et ses déplacements, la longévité de cette prise en charge suscite de vives réactions, notamment en période de rigueur budgétaire et d’appels à l’exemplarité des élites politiques.
Matignon indique par ailleurs que six véhicules ont bien été retirés à leurs bénéficiaires dès le 1ᵉʳ janvier 2026. La mise au point ne répond toutefois pas à toutes les interrogations, en particulier sur l’utilisation du véhicule d’Édith Cresson par son entourage et sur la manière dont sont décidés ces sursis individualisés. Les prochains débats parlementaires sur ce dispositif devraient préciser la frontière entre application stricte du décret et marges d’appréciation laissées au gouvernement.
