LES BOUCLIERS COLORES DES CELTES ET DES BRETONS

Les boucliers colorés des Celtes étaient de véritables toiles d’identité militaire, politique et spirituelle. Alors que l’archéologie ne conserve souvent que les parties métalliques (l’umbo en fer ou en bronze), les textes anciens, les représentations figurées (monnaies gauloises, arcs de triomphe romains) et de rares découvertes organiques confirment que les boucliers de bois et de cuir étaient peints de couleurs vives et de motifs complexes.

L’exemple exceptionnel d’Enderby : en 2019, la découverte d’un rarissime bouclier en écorce datant de l’âge du fer au Royaume-Uni a révélé des motifs peints à carreaux, prouvant l’utilisation de décors géométriques colorés dès cette époque. A l’instar des futures armoiries, les couleurs et motifs permettaient de marquer le clan, le rang social et le groupe de combat sur le champ de bataille.

Comme dans une guerre psychologique, les motifs servaient de symboles apotropaïques, destinés à effrayer l’ennemi ou à invoquer des puissances divines. On y retrouvait des spirales, triskèles et nœuds celtiques évoquant les forces vitales, ainsi que des silhouettes d’animaux sacrés comme le sanglier ou le cheval.

A propos des boucliers prétendument noirs des Bretons au IXe siècle, une interprétation du texte latin malheureusement infondée, voir l’article d’André-Yves Bourgès sur Académia.edu

« Dans son poème, Ermold le noir attribue les paroles suivantes au chef breton Murman, répondant à l’émissaire impérial :

‘Scuta mihi fucata, tamen sunt candida vobis’

Or ‘fucatus’ n’a pas le sens de « noir », mais simplement de « teint, colorié ».

On peut ainsi proposer la traduction suivante : « Les boucliers de mon côté sont de couleur, alors que les vôtres sont blancs » Rien de plus.