Jean-Luc Davezac président de Bastir Occitanie dans Midi Libre du 26 avril 2026

Publié le  par Joan Pèire LAVAL —

La scission au sein de la Région Grand Est, proposée par des députés, ira-t-elle jusqu’au bout ? Et peut-elle faire des « petits », au Pays basque, en Bretagne… et en Pays catalan ? Le point de vue de l’Occitan Jean-Luc Davezac dans une tribune pour l’espace Lignes ouvertes de Midi Libre ( 26 Avrill 2026 )

Le retour à une Région Alsace distincte de la Région Grand Est, engagé à l’Assemblée nationale il y a quinze jours, repose sur une légitimité historique et culturelle évidente. L’argument d’une région « trop petite » est infondé : partout dans le monde, les entités territoriales varient fortement en taille. En Allemagne ou aux États-Unis, certaines sont minuscules quand d’autres sont immenses, sans que cela pose problème. Il suffit de comparer les lands de Berlin ou de Hambourg avec l’immense Bavière.

Un rééquilibrage territorial est nécessaire en France pour limiter le centralisme parisien.

La grande taille de l’actuelle Occitanie peut même être un atout si elle permet des coopérations interrégionales efficaces, notamment pour des projets culturels ou économiques. C’est dans ce sens que Bastir Occitanie et les autres groupes occitans trouvent légitime que l’Alsace devienne autonome et ils se permettent d’imaginer d’autres évolutions territoriales cohérentes : la Bretagne complète avec son cinquième département (Nantes), ou la création d’une région Savoie bien distincte de l’aberrante Auvergne-Rhône-Alpes, les Savoisiens ne sont en rien auvergnats !

Un rééquilibrage territorial est nécessaire en France pour limiter le centralisme parisien, néfaste au développement des régions. La réforme territoriale récente, bien qu’ayant apporté des avancées comme la réunification de la Normandie ou la consolidation de l’Occitanie, reste déconnectée des réalités locales et parfois contre-productive car elle a été ironiquement faite par une bureaucratie parisienne déconnectée des réalités territoriales bien différentes.

Bastir Occitanie pense qu’il faut insuffler une véritable dynamique économique, fondée sur des bassins de vie cohérents, souvent liés à l’histoire et à la culture et rendre aux régions une prospérité confisquée par les jacobins depuis plus de deux siècles. Le centralisme actuel tend à concentrer les richesses et les opportunités, au détriment des territoires dits « de province », alimentant un sentiment d’injustice et d’abandon.


Accroître l’autonomie des régions ne relève pas d’une logique séparatiste, mais vise au contraire à renforcer leur prospérité et leur capacité d’action au sein de l’ensemble national. Présenter ces aspirations comme une menace pour la solidarité nationale est réducteur et ne correspond pas à la réalité des attentes locales. Le centralisme d’État, lui, se nourrit de ceci et du mépris sociétal de « la province »

L’hypothèse d’un territoire catalan autonome ?

Certaines questions identitaires ou territoriales, comme celle du Pays catalan, peuvent légitimement être débattues au niveau local. Dans tous les cas, il appartient aux habitants concernés de décider de leur avenir, dans le respect des réalités historiques et culturelles. Rappelons que, lors de la consultation citoyenne sur le nom de notre région, Bastir Occitanie avait milité pour Occitanie ou Occitanie – Pays catalan.

La pertinence de régions fondées sur une réalité culturelle ou historique a également influé sur les régionales de 2021. La liste Bastir Occitanie avait alors évoqué la possibilité pour la majeure partie du département des Pyrénées-Orientales l’hypothèse d’un territoire catalan autonome. Culturellement, historiquement l’identité de ce territoire est catalane et non occitane.

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