Fenouillèdes : sauver l’occitan, une responsabilité pour le Pays Catalan

De Jordi Vera

Le débat sur le nom de notre département doit aussi nous conduire à regarder une réalité que l’on ne peut plus ignorer : l’occitan est aujourd’hui en grand danger dans le Fenolhedés.

Depuis plus de trois générations, sa transmission familiale s’est quasiment interrompue. Plus préoccupant encore, selon les données du Rectorat et de l’Inspection d’Académie, aucun enfant ne bénéficie actuellement d’un enseignement de l’occitan dans les écoles du Fenolhedés ni au collège de Sant Pau de Fenolhet.

Cette situation est d’autant plus regrettable que le Fenolhedés entretient une histoire ancienne et commune avec la Catalogne, avant le traité de Corbeil de 1258, puis à nouveau à partir de 1790. C’est pourquoi, au-delà des frontières culturelles, nous voulons affirmer la solidarité catalane avec cette vallée languedocienne, héritière d’une histoire partagée.

Le Fenolhedés ne représente que 1,45 % de la population départementale, mais il mérite 100 % de notre attention. La démographie ne saurait effacer une histoire, une identité ou une langue. Ce territoire doit être écouté et entendu.

Voir la langue de Frédéric Mistral, prix Nobel de littérature, s’éteindre sans réaction politique forte nous consterne. À Oui au Pays Catalan, nous voulons lui donner un avenir.

Si nous participons demain à la gestion du Conseil départemental, nous proposerons un plan d’urgence pour la généralisation du bilinguisme, de la maternelle au lycée, en catalan comme en occitan.