De l’occitan au breton, du corse au basque, de l’alsacien au créole, nos langues régionales sont vivantes, porteuses d’identités, de savoirs, de cultures et de liens sociaux, elles enrichissent pleinement la République.
Si la Constitution reconnaît depuis 2008 que les langues régionales appartiennent au patrimoine de la France, des incertitudes juridiques continuent aujourd’hui de freiner leur promotion et leur transmission.
C’est pourquoi avec mes collègues Peio Dufau et Paul Molac, co-présidents du groupe d’études sur les langues et cultures régionales, nous avons présenté une proposition de loi constitutionnelle.
Ce texte, que j’ai cosigné avec près de 80 parlementaires issus de 9 groupes politiques, vise à consacrer explicitement dans notre Constitution la possibilité de concilier l’affirmation du français comme langue de la République avec la promotion, la protection et la transmission des langues régionales.
Il ne s’agit pas d’opposer le français aux langues régionales. Il s’agit au contraire de leur permettre de coexister harmonieusement, de préserver notre diversité culturelle et de donner un cadre constitutionnel clair à l’action du législateur.
A quelques mois d’une élection présidentielle à haut risque, il est indispensable que chacun, à sa place et dans son rôle, soutienne ces diversités linguistiques et culturelles.
Les parlementaires, les élus locaux, les associations, toutes et tous doivent faire un pas significatif, doivent marquer leur volonté de valoriser l’enseignement, les pratiques et la transmission de nos langues régionales.
La préservation de cette diversité culturelle et linguistique constitue aussi et surtout un rempart contre l’uniformité, contre le centralisme qui paralyse notre démocratie, mais aussi contre le prêt à penser, la culture du vide et finalement le rejet de l’autre et de toute forme de différence
