Par Denis Fégné
Mercredi dernier, j’ai pris part à une nouvelle réunion du groupe d’études consacré aux langues et cultures régionales, co-présidé par mes collègues Peio Dufau et Paul Molac.
Dans un contexte marqué par les concertations engagées par la Direction générale de l’enseignement scolaire (DGESCO) sur l’organisation des examens en langue régionale, nous avons accordé une attention particulière aux témoignages de lycéens issus des réseaux immersifs Diwan et Seaska.
Leur intervention, à la fois claire et engagée, souligne l’importance qu’ils accordent à l’enseignement immersif ainsi que leur volonté de voir leurs droits linguistiques pleinement reconnus. Leur parole, sincère et déterminée, rappelle combien ces parcours sont essentiels pour la vitalité de nos langues.
Cette audition intervient alors que viennent d’être rendues les conclusions du rapport d’évaluation de la loi Molac, présenté par Max Brisson et Karine Daniel. Ce document met en évidence la nécessité de mettre en œuvre une politique publique ambitieuse en faveur des langues régionales, en veillant notamment à leur meilleure valorisation tout au long du parcours scolaire.
Il montre qu’un décalage persiste entre les engagements affichés et la réalité du terrain. On ne peut pas promouvoir les langues régionales dans les textes et, dans le même temps, adopter des décisions qui en fragilisent l’enseignement.
Les services académiques affichent un soutien de principe mais certaines mesures concrètes vont à rebours de cet objectif.
Aujourd’hui encore, comme en témoignent les lycéens, les élèves engagés dans ces filières ne bénéficient pas d’une reconnaissance complète, notamment lors des épreuves du baccalauréat.
On ne peut pas, d’un côté, affirmer l’importance des langues régionales et, de l’autre, maintenir des modalités d’examen défavorables ou laisser disparaître des classes bilingues.
Avec mes collègues, nous resterons pleinement mobilisés pour défendre une véritable politique publique en faveur des langues régionales : un soutien renforcé aux filières immersives et bilingues, une aide aux associations qui les enseignent et aux médias locaux qui les valorisent et les transmettent.
Prendre en compte la diversité de nos territoires, c’est d’abord respecter leur identité, leur culture et leur patrimoine.
