Les archives départementales de Toulouse ont communiqué sur un incunable

L’occitan est une langue qui a commencé à être écrite en masse alors que le français en était encore à ses balbutiements. C’est ainsi que les bibliothèques et archives de toute l’Occitanie linguistique regorge de ses manuscrits anciens dans la langue « del païs » : chansons de troubadours, registres paroissiaux, traités de médecine, archives notariales, etc…

Dernièrement, les archives départementales de Toulouse ont communiqué sur un incunable (un livre imprimé au cours du XVè siècle, c’est à dire avant que l’imprimerie se démocratise et se répande) retrouvé par hasard dans la reliure d’un autre livre.

Explications détaillées des archives :

Un registre de reconnaissance féodales de Saint-Martin-du-Touch en faveur de la famille de Rouaix, daté de 1486-1527, vient de nous livrer un petit secret !

Le mauvais état de sa belle reliure lyonnaise, datée des XV-XVIe siècles, nous a permis de découvrir, à l’intérieur, des fragments d’ouvrages qui pourraient être des incunables.

L’un d’eux est extrêmement intéressant car il est imprimé en occitan. Il s’agit d’un fragment de texte d’instruction religieuse à destination des prêtres et des laïcs, composé au XIVe siècle, nommé « Lo doctrinal de la sapienca », dont a été ici conservée une partie du chapitre « Del Ave Maria ». Or, à Toulouse, c’est le seul livre publié dans la langue locale, d’abord par Henri Mayer vers 1494-1496, puis réédité par Jean Grandjean en 1504. Il n’en existe que très peu d’exemplaires (conservés notamment à la bibliothèque de Toulouse et à la bibliothèque nationale). Deux autres éditions, plus tardives, sont signalées : une lyonnaise, datée de 1512, et une ruthénoise, tirée en 1530, sous l’épiscopat de Georges d’Armagnac.

Selon une première expertise effectuée par Jean-Louis Courouau, professeur à l’Université Toulouse Jean-Jaurès, et Magali Vène, directrice de la bibliothèque d’étude et du patrimoine de Toulouse, il semblerait que ce fragment soit effectivement un incunable et pourrait correspondre à une édition encore inconnue d’Henri Mayer. Il est pour le moment impossible de s’avancer plus avant.

L’autre fragment inséré dans la couverture du registre, comprenant une gravure, est imprimé en français et semble retracer les funérailles d’un haut personnage. Cette partie est extrêmement abîmée et n’a pu, pour l’instant, être identifiée.

Loin d’être une langue morte, l’occitan est aujourd’hui en pleine renaissance, dans toute sa diversité, grâce au travail des militants occitanistes et des écoles immersives ou bilingues. Selon un rapport du Sénat publié fin 2025, on comptabilisait 26 099 élèves inscrits dans un enseignement d’occitan.

[cc] Article rédigé par la rédaction de breizh-info.com et relu et corrigé (orthographe, syntaxe) par une intelligence artificielle.

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