Ce mercredi 8 avril, l’Assemblée nationale française a approuvé les articles 2 et 3 du projet de loi déposé par la députée alsacienne Mme Brigitte Klinkert. Nous nous félicitons de voir l’Alsace en mesure de sortir de l’absurde méga-région Grand Est pour se constituer en collectivité unique. Encore faudra-t-il que le processus législatif aille jusqu’à son terme.
Néanmoins, il faut constater une fois de plus que ce projet de loi, qui avait pour ambition de « simplifier le millefeuille territorial par la collectivité unique », a été réduit à sa portion minimale. L’article 1, qui prévoyait une clause générale permettant à d’autres territoires d’engager une démarche similaire — la Savoie étant l’une des premières concernées — a été abandonné à la suite de trois amendements déposés par la gauche (LFI, écologistes et PS).
Dès lors qu’il est question de respect des différences et de droit à la diversité au sein de l’Hexagone, il est consternant de voir cette gauche française se muer en parti conservateur du centralisme jacobin, dans la continuité d’une tradition initiée depuis Robespierre. Le rapport de la commission révèle d’ailleurs que ces formations s’inquiétaient de « desservir l’intérêt de certains régionalismes ». Le régionalisme — c’est-à-dire la volonté de redonner du sens démocratique aux structures locales et de promouvoir une organisation fondée sur la différenciation des territoires, dans le respect de leur culture et de leur identité — se trouve ainsi dépeint comme une activité malhonnête.
La « solidarité entre les territoires », principe souvent invoqué par les opposants à l’autonomie, dissimule en réalité une profonde hypocrisie : la République française, dans son organisation actuelle, présente de fortes inégalités. Le PIB par habitant varie ainsi de 1 à 5,6 entre les départements métropolitains (de la Creuse à Paris), et de 1 à 13,5 si l’on inclut les départements d’outre-mer.
La population attend des changements. C’est ce que révèle le sondage IFOP de juillet 2026 : une demande accrue de démocratie locale, de transparence et de différenciation, une ouverture vers l’autonomie des territoires et vers le fédéralisme, chose normale dans la plus part des autres pays européens. Il montre aussi qu’une majorité se dégage en faveur d’une région Savoie. Il faudra bien, un jour, que les parlementaires répondent à ces aspirations !
